Renaud Lagrave : entre mur du çon et Mur de l’Atlantique ?

jeudi 22 septembre 2011
par  Yan lou Pec
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Bouleversements climatiques, montée des océans, érosion, notre région commence à subir, elle aussi, les prémices de phénomènes qui frappent déjà très durement d’autres régions du monde.

Nos élus se mettent au travail, mais comme toujours, ce n’est pas pour s’attaquer aux causes des problèmes, mais pour réparer les conséquences de toutes leurs années d’inaction ou d’accumulation d’erreurs.

Voici un article de Sud-ouest paru le lundi 19 septembre 2011, sur les problèmes d’érosion de la côte gasconne et un extrait de l’interview de Renaud Lagrave - entre autres vice-président du Conseil Régional d’Aquitaine - qui critique la Loi Littoral.

 Une stratégie contre l’érosion

Lancée il y a deux ans, la réflexion sur la défense du trait de côte arrive à son terme. Il va falloir choisir ce que l’on défendra et ce qui sera laissé à l’Océan.

Depuis deux ans, une question lancinante revient sur l’agenda du GIP Littoral : le recul du trait de côte aquitain sous l’action de l’érosion marine et la stratégie à adopter contre ce phénomène naturel rendu plus inquiétant encore par l’élévation, dont l’ampleur reste encore inconnue, du niveau des océans d’ici à la fin du siècle.

Sur la base d’études techniques réalisées par l’ONF (Office national des forêts) et par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), le GIP Littoral s’est déterminé sur le sujet il y a dix jours. Le 26 septembre, il rendra public l’ensemble des études. Avant-goût avec Renaud Lagrave, qui préside le GIP Littoral.

« Sud Ouest ». Quelle est la réalité du recul côtier ?

Renaud Lagrave. En 2020, la moitié des 270 km de la côte aquitaine sera concernée par un aléa moyen ou fort. Pour les secteurs en érosion, on a un recul de 1 à 3 mètres par an en moyenne, jusqu’à 6 mètres pour la côte sableuse. Sur la côte rocheuse, ce recul est de l’ordre de 20 cm par an en moyenne, ce qui n’est pas sans conséquence (NDLR : des éboulements sur les falaises).

On a calculé qu’à échéance de 2040, 2 300 hectares auront disparu sur le littoral aquitain, l’équivalent de 300 terrains de football. Rien ne sera à l’abri, ni les dunes, ni la forêt, ni les falaises, ni, bien sûr, les zones urbanisées. À la clé, il y a des enjeux de sécurité pour les biens et les personnes, des enjeux économiques et environnementaux lourds. On a des choix à faire pour définir ce que l’on voudra défendre et ce que l’on devra laisser à la mer.

Certaines localités devront-elles se replier vers l’intérieur ?

Dans certains cas, la question de la relocalisation va se poser à l’échelle de quelques décennies. Il va falloir avancer sur bon nombre de problèmes : l’indemnisation des propriétaires, les échanges de terrains, les contraintes juridiques et administratives avec une « loi littoral » qui, en l’état, interdit beaucoup de solutions, l’accompagnement des collectivités concernées par l’État, les aides financières, etc. On ne peut pas imaginer qu’un maire puisse être laissé seul face à de tels événements.(…)

 Commentaires des Amis de la Terre

Cet extrait d’interview appelle plusieurs commentaires.

Tout d’abord, ce phénomène d’érosion n’est pas nouveau. Il suffit, dans de nombreux endroits, de voir les restes des blockhaus construit par la compagnie Adolf, gisant maintenant sur les plages. Il est de plus en plus évident toutefois que ce phénomène s’accentue rapidement, comme dans beaucoup d’autres endroits de la planète. Le niveau des océans monte : l’eau grignote les côtes, les inondations se font plus meurtrières…

Dans notre région, construire sur la dune a toujours été un pari risqué et depuis la Loi littoral, c’est en plus fortement déconseillé, voire illégal…

Mais dans les Landes, certaines idées ont du mal à pénétrer certains esprits. Lorsque le Conseil Général a lancé son étude de prospection « Landes 2040 », aucune allusion même très superficielle n’était faite à deux crises majeures dans lesquelles nous sommes rentrés de pleins pieds. Pas un mot sur la crise énergétique, ni sur la crise écologique et un de ses aspects les plus connus, les bouleversements climatiques. Il est vrai que c’était avant Klaus, mais quand même il fallait le faire !

Il s’agissait donc essentiellement de suivre les courbes démographiques et de prévoir des infrastructures : béton et goudron.

Cette augmentation de l’érosion que nous sommes en train de constater sur la côte gasconne n’est très probablement que le début d’un phénomène qui va s’accentuer et s’aggraver dans les années à venir. Ici, comme partout ailleurs sur cette planète, nous allons devoir nous adapter aux bouleversements climatiques et ce, dans tous les domaines : de l’agriculture, à la construction, etc... Cela va coûter très cher et exiger des choix souvent douloureux.

Chaque euro dépensé devra être utilisé de la manière la plus efficace pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre - afin de limiter l’ampleur des bouleversements climatiques déjà enclenchés - et de la manière la plus efficace pour adapter nos modes de vie, de production , aux nouvelles conditions climatiques.

Il est vrai que lorsqu’on tient ce langage à la bande de joyeux drilles locaux et régionaux qui veulent franchir le mur du çon avec la nouvelle ligne du TGV, on tombe sur un nouveau Mur de l’Atlantique d’incompréhension ! Ce Mur ne connaît pas l’érosion, certes, mais il ne nous protégera certainement pas contre la montée des eaux...

Pour ce qui est de la côte, heureusement que, dans les Landes, des associations écologistes se sont battues - sous les insultes et les intimidations - pour faire simplement appliquer une loi de la République : la Loi Littoral. Sinon, dans combien de communes littorales, aurions-nous aujourd’hui des lotissements, des zones résidentielles, des villas menacés par l’océan !

La Loi littoral est une loi anti-spéculation foncière. Elle empêche que les plus beaux sites en bord de côte ne puissent être bradés à des bétonneurs. Un des principes de cette Loi est de protéger la ligne de côte de toute construction et d’éviter le bâti parallèle à la côte. On peut construire, mais en prolongement de l’urbanisation existante – donc pas de hameau isolé – et de préférence en profondeur.

Mais cela n’empêche pas Mr Lagrave d’en remettre une couche contre la Loi Littoral en parlant des contraintes juridiques et administratives avec une « loi littoral » qui, en l’état, interdit beaucoup de solutions . Depuis des années, c’est le même refrain de nos dirigeants landais et régionaux. Tout est bon pour flinguer la Loi Littoral.

Les associations écologistes landaises se sont battues pour sauver dans de nombreuses communes littorales, le patrimoine commun. Nous avons empêché certains élus de confisquer les plus beaux sites pour les réserver à des minorités friquées. Et en plus, grâce à notre action [1], nous avons ainsi évité qu’il ne faille aujourd’hui protéger - encore et toujours avec de l’argent public ! - les constructions de ces mêmes privilégiés !

Au lieu de vouloir rogner les ailes à la Loi Littoral qui a rendu tant de service à notre région, nos élus devraient plutôt réfléchir à leurs erreurs passées… Car à force de les avoir accumulées, voire s’entêter toujours dans les mêmes impasses, la note va être très, très…salée !



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