Les OGM favorisent les super mauvaises herbes, l’insécurité alimentaire et les pesticides

samedi 22 octobre 2011
par  Yan lou Pec
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John Vidal, rédacteur Environnement guardian.co.uk, mercredi 19 Octobre 2011. (http://www.guardian.co.uk/environment/2011/oct/19/gm-crops-insecurity-superweeds-pesticides)

Voir la video de l’interview de Nnimmo Bassey

Nnimmo Bassey est nigérian et président de la Fédération Internationale des Amis de la Terre ou Friends of the Earth Internationale.

Traduction de l’article : Amis de la Terre

Cette étude a été menée par 20 organisations - d’Inde, d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et des Amériques du Sud et Centrale – qui traitent des problèmes alimentaires et écologiques et regroupent plusieurs millions de membres. Elle démontre que si le génie génétique a été incapable d’augmenter les rendements de quelque plante que ce soit, il a par contre réussi à faire exploser la consommation de produits chimiques et l’expansion de « super mauvaises herbes ».

Les OGM, ces prétendues plantes miracles, on été vendus pour la première fois aux Etats-Unis, il y a 20 ans, et sont maintenant cultivés dans 29 pays sur environs 1,5 milliards d’ha. Ils nous ont été présentés comme pouvant résoudre la crise alimentaire, les changements climatiques, l’érosion des sols. Pourtant, lorsqu’on évalue les résultats, ils s’avèrent que les promesses sont loin d’être tenues.

Le rapport note que depuis que cette technologie a été développée, la faim dans le monde a atteint des sommets. Seuls deux traits – caractères génétiques - ont été développés à une échelle importante, malgré des dizaines de milliards de dollars investis. De plus, on attend toujours que des traits bénéfiques comme la résistance à la sécheresse ou la tolérance à la salinité soient concrétisés à quelque échelle que ce soit.

Plus inquiétant encore, les auteurs du « Global Citizens’ report on the state of GMOs » (Rapport des citoyens du monde sur la situation des OGM ) souligne l’énorme accroissement des volumes de produits chimiques de synthèse utilisés pour contrôler les ravageurs, alors même que les entreprises de biotechnologies justifient les plantes GM pour leur capacité à… réduire la consommation d’insecticide.

En Chine, où le coton manipulé pour produire l’insecticide Bt est largement cultivé, des populations de ravageurs qui ne posaient précédemment que des problèmes mineurs, se sont multipliées par 12 depuis 1997. Une étude de 2008, de l’International Journal of Biotechnology notait que tous les avantages liés à la culture du coton Bt ont été rognés par l’augmentation des volumes de pesticides nécessaires pour les combattre.

De plus, il a été constaté que les producteurs de soja en Argentine et au Brésil utilisent deux fois plus d’herbicide sur leurs plantes GM que sur des plantes conventionnelles. De même, en Inde, une enquête menée par Naydanya International mettait en évidence que les volumes de pesticides utilisés avaient été multipliés par 13 depuis l’introduction du coton Bt.

Le rapport - qui se base sur des recherches empiriques et sur les propres déclarations des entreprises - note que les mauvaises herbes deviennent tolérantes aux herbicides et pesticides des compagnies de biotechnologies. Ces produits sont en effet conçus pour être utilisés avec les plantes de ces firmes et c’est ce qui a conduit à ce que les « super mauvaises herbes » infestent de plus en plus de champs, en particulier aux Etats-Unis.

Au moins 22 états des Etats-Unis ont vu 10 mauvaises herbes courantes devenir tolérantes, et affecter près de 6 millions d’ha de soja, de coton et de maïs.

Par conséquence, les agriculteurs sont forcés d’utiliser plus d’herbicides pour combattre ces herbes tolérantes. Les entreprises de biotechnologies payent les agriculteurs pour qu’ils utilisent d’autres produits chimiques plus puissants. « Le miracle des OGM est clairement en train de s’étioler dans les champs des agriculteurs ».

Les entreprises ont réussi à commercialiser leurs plantes à plus de 15 millions d’agriculteurs, principalement en jouant lourdement sur leurs relations avec les gouvernements, en rachetant les firmes locales de semences et en retirant du marché les semences traditionnelles. Monsanto, Dupont et Syngenta, les trois plus grandes compagnies de biotechnologies au monde, contrôlent près de 70% des ventes mondiales de semences. Cela leur permet de « posséder » et vendre des semences GM, grâce aux brevets et aux droits de propriété intellectuelle et de les faire payer plus cher aux agriculteurs.

Dans ce rapport, Monsanto est accusé d’avoir obtenu le contrôle de plus de 95% du marché des semences de coton en Inde et d’avoir augmenté massivement les prix. Ces dernières années, il y a eu 250 000 suicides chez les paysans indiens. Dans de nombreux cas, on pense que le haut niveau d’endettements chez les paysans en est la cause.

Le rapport - qui est notamment soutenu par la Fédération internationale des Amis de la Terre (Friends of the Earth International), le Center for Food Safety aux Etats-Unis, la Confédération Paysanne et la Gaia Foundation - pose aussi la question de l’innocuité des OGM, citant des études et des rapports qui indiquent que des personnes et des animaux ont subi des réactions allergiques apparentes.

Il indique que les scientifiques n’aiment pas aborder la question de leur innocuité, de peur d’être attaqués par les organismes de l’establishment scientifique qui reçoivent d’importantes subventions des entreprises qui contrôlent ces technologies.

Monsanto a mis en doutes les résultats de ce rapport : « D’après nous, l’innocuité et les avantages des OGM sont des faits établis. Des centaines de millions de repas contenant des aliments provenant de plantes GM ont été consommés et il n’y a pas eu le moindre exemple prouvé de maladie ou de lésions associés aux plantes GM ».

L’an dernier, le National Research Council de l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis publiait un rapport intitulé « Les impacts des plantes manipulées génétiquement sur la durabilité des fermes aux Etats-Unis ». On pouvait lire dans les conclusions que les agriculteurs états-uniens qui cultivent des plantes GM « font des économies substantielles et profitent à l’environnement, grâce à des coûts de production plus bas, moins de problème de ravageurs, une consommation réduite de pesticide et de meilleurs rendements, comparés aux plantes conventionnelles ».

David King, l’ancien scientifique en chef britannique qui est maintenant directeur de la Smith School of Enterprise and the Environment à l’université d’Oxford faisait porter en partie la responsabilité du manque de nourriture en Afrique aux campagnes anti-OGM dans les pays riches.

Pour les auteurs du rapport, les plantes GM sont au contraire un facteur aggravant l’insécurité alimentaire, car elles sont en grande partie utilisées pour faire des agrocarburants et détournent des terres, de la production locale de nourriture.

Vandana Shiva, directrice de l’organisation indienne Naydanya International qui a coordonné le rapport explique que « Le modèle des OGM sape le travail des agriculteurs qui veulent faire de l’agro-écologie. La coexistence entre les OGM et les plantes conventionnelles n’est pas possible car la pollution et la contamination génétiques des plantes conventionnelles est impossible à contrôler.

Le choix disparaît alors que les systèmes alimentaires sont de plus en plus contrôlés par des entreprises géantes, que les pollutions génétiques et chimiques se répandent. Les compagnies de biotechnologies ont passé un noeud coulant autour du cou des paysans. Elles détruisent toute alternative dans la seule poursuite du profit ».


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