Près de la moitié des espèces d’arbres sauvages dans le monde pourraient être menacées d’extinction

mercredi 1er septembre 2021
par  Yan lou Pec
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Une étude mondiale appelle à agir urgemment pour empêcher l’effondrement des écosystèmes, l’agriculture étant la principale cause de l’extinction des arbres.


Exploitation forestière illégale sur les terres amazoniennes indigènes Pirititi avec un dépôt de grumes rondes le 8 mai 2018 (Felipe Werneck/Ibama via flickr via AP)

Cet inventaire mondial, le plus complet à ce jour, ne laisse aucun doute : entre un tiers et la moitié des espèces d’arbres sauvages dans le monde sont menacées d’extinction, ce qui pose un risque d’effondrement des écosystèmes au sens large.

Le défrichement des forêts pour l’agriculture est de loin la principale cause d’extinction, selon le rapport sur L’état des arbres dans le monde, qui a été publié mercredi avec un appel à agir urgemment pour inverser ce déclin.

L’étude internationale de cinq ans a révélé que 17 510 espèces d’arbres sont menacées, soit le double du nombre de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens et de reptiles menacés réunis.

Il s’agissait de 29,9 % des 58 497 espèces d’arbres connues dans le monde. Mais la proportion à risque est susceptible d’être plus élevée car 7,1 % supplémentaires ont été jugés "possiblement menacés" et 21,6 % n’ont pas été suffisamment évalués. Seulement 41,5 % ont été confirmés comme sûrs.

Le problème est flagrant partout dans le monde. Le Brésil – qui abrite la forêt la plus diversifiée de la planète, l’Amazonie – comptait le plus d’espèces d’arbres menacées (1 788), notamment l’acajou à grandes feuilles, le bois de rose et l’eugénia. En Chine, sixième nation la plus riche en biodiversité au monde, le magnolia, le camélia et l’érable faisaient partie des 890 espèces en péril.

Les États insulaires tropicaux, notamment Madagascar, sont touchés de manière disproportionnée, en particulier l’ébène et le bois de rose, mais même en Europe - qui est relativement pauvre en termes de diversité naturelle - il y a eu un déclin alarmant du nombre d’alisiers et de sorbiers. En Amérique du Nord, les ravageurs et les maladies causent de graves pertes de populations de frênes.

Pour les botanistes, les arbres sont "l’épine dorsale de l’écosystème naturel". Bien que seulement 0,2 % des espèces se soient éteintes jusqu’à présent, les auteurs affirment qu’un déclin accéléré pourrait avoir des répercussions désastreuses. Les humains sont directement affectés par les pertes de carboné séquestré, d’oxygène produit, par le manque de bois pour la construction, de combustible pour faire du feu, d’ingrédients pour les médicaments et la nourriture, par la réduction du rôle d’amortisseur contre les tempêtes et la perte du bien-être qui vient de l’ombre et de la beauté. Les impacts indirects sur les systèmes naturels indispensables à la vie sont sans doute plus importants. Dans de nombreuses régions du monde, les arbres sont les éléments fondamentaux d’un écosystème sain. Sans eux, d’autres plantes, insectes, oiseaux et mammifères doivent lutter pour leur survie.

Comme l’explique l’auteur principal du rapport, Malin Rivers, responsable de la priorisation de la protection au Botanic Gardens Conservation International (BGCI) : "Les arbres sont essentiels… c’est comme ce jeu de société, où si vous retirez le mauvais morceau de bois toute la tour s’effondre. Ici, c’est l’écosystème qui s’effondre. Quand je regarde ces chiffres, je pense que nous devons vraiment agir maintenant."

Le rapport identifie les principales menaces pesant sur les arbres. L’agriculture (cultures 29 % et bétail 14 %) arrive en tête, suivie de l’exploitation forestière (27 %), de l’urbanisation et autres développements commerciaux (13 %), des incendies (13 %), de l’exploitation minière (9 %), des plantations pour la pâte à papier (6 %) et des espèces invasives (3 %). Le changement climatique (4 %) est en bas de la liste, bien que cela n’inclue pas la pression qu’il ajoute sur le feu et l’agriculture.

Gerard T Donnelly, président du Morton Arboretum dans l’Illinois, aux États-Unis, espère que les décideurs utiliseront cette étude révolutionnaire comme outil pour la protection : "Ce rapport indique clairement que les arbres du monde entier sont en danger. Cette étude a été développée au cours d’années de recherche et de collaboration intenses entre les principales organisations mondiales de protection des arbres et guidera d’autres actions basées sur ces données scientifiques pour empêcher les extinctions d’arbres".

Le BGCI a recommandé une extension de la couverture des aires protégées pour les espèces menacées, des campagnes de plantation axées sur les populations les plus à risque, une collaboration mondiale plus étroite, plus de financement pour les efforts de protection et des efforts accrus pour sauvegarder les espèces dans les jardins botaniques et les banques de semences.

Le groupe a lancé le portail GlobalTree, une base de données en ligne qui suit les efforts de protection au niveau de l’espèce, du pays et du monde.

Pour Malin Rivers, "C’est la première fois, que nous savons quelles espèces sont menacées, où elles se trouvent et comment elles sont menacées de telle sorte que nous pouvons prendre des décisions de protection sur la base de meilleures informations. Ces espèces ne sont pas encore éteintes. Il y a toujours de l’espoir. Il y a encore des moyens de les sortir du gouffre."

Article de Jonathan Watts paru le 1er sept. 2021 dans The Guardian. Lien vers l’article :
Up to half of world’s wild tree species could be at risk of extinction


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